« On sent que le discours autour du Pharmacien coordinateur de santé prend toute sa place. Et nous, on s’éclate ! »

8 juillet 2025

4 minutes de lecture

Engagée dans les nouvelles missions officinales depuis 2019, Valérie Augeraud mise sur une mise en œuvre progressive, une organisation millimétrée avec sa préparatrice et une écoute active des besoins de ses patients.

Vaccination, dépistage, entretiens pharmaceutiques : tout est pensé pour proposer une offre servicielle complète, pertinente et fluide.

 

Résultat : de nouveaux patients, une relation renforcée, et une officine agile au cœur de la santé de proximité.

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Nous avons rencontré Valérie Augeraud, pharmacienne titulaire à la Pharmacie d’Espagne à Bayonne (64)

Elle partage son organisation autour des nouvelles missions en officine, accompagnée de sa préparatrice, qui a débuté en apprentissage il y a 4 ans et demi et exerce désormais à plein temps dans l’officine.

Pharmacie Espagne Bayonne (1)

Valérie, comment vous y êtes-vous prise avec votre préparatrice, pour mettre en place les nouvelles missions au sein de votre officine ?

« Chaque nouvelle mission présente un réel intérêt. En termes d’organisation, je prends toujours un temps dédié pour étudier les missions en amont, et voir comment nous pourrions les appliquer. L’idée est d’y aller par étape et de les mettre en place progressivement, après s’être bien imprégnées de chacune d’elles.

 

Par exemple, nous avons commencé avec la Grippe en 2019, qui a été en quelque sorte le déclencheur, la « mission moteur ». Puis il y a eu la vaccination Covid au moment de la crise sanitaire. Nous sommes d’ailleurs pratiquement les seules à la proposer à Bayonne, ce qui est très apprécié par nos patients !

 

Comme nous ne sommes que deux – ma préparatrice et moi -, et que la demande est forte autour de ces services, je me suis organisée avec Doctolib, ce qui nous fait gagner un temps précieux. En plus, cela nous permet de recruter des personnes qui cherchaient un service alors qu’elles n’étaient pas clientes chez nous. J’ignore combien cela représente en termes de ratio, mais cela nous permet clairement de toucher de nouveaux clients, ce n’est pas négligeable. Ensuite, par ordre chronologique, nous nous sommes axés sur la cystite et l’angine avec prélèvement, puis je me suis formée sur la prescription antibiotique.

 

Plus récemment, j’ai mené un entretien cancérologie avec un patient… c’était super !  Mon patient était très demandeur et a apprécié le fait que je lui propose ce service à forte valeur ajoutée, où l’on prend le temps ensemble d’expliquer son traitement, les soins supports etc… Je m’étais formée il y a quelques années, et ce qui est bien, c’est qu’on retrouve l’encart « Entretien pharmaceutique » sur id. (anciennement LGPI). Tout comme pour les entretiens courts femmes enceinte d’ailleurs ! Des entretiens qui se font très facilement au comptoir. Les 5€ ne sont pas un sujet :  on précise simplement que c’est pris en charge. Les patients commencent à comprendre qu’il y a des rémunérations donc c’est positif car cela rentre dans les mœurs. C’est effectivement du conseil, du temps, de la prise en charge.

 

D’un point de vue logistique, j’ai un espace dédié avec une tablette, à côté du point d’eau, juste derrière mon bureau. J’ai beau avoir une pharmacie très petite, nous nous sommes organisées de façon à ce que ce soit le plus fonctionnel possible, et cela se passe à l’abri des regards des autres patients. »

Comment évaluez-vous le facteur temps à consacrer à cette offre servicielle ?

« Je n’ai pas attendu qu’il y ait des nouvelles missions pour me former : c’est vraiment passionnant et j’estime que c’est avant tout notre cœur de métier. En revanche il faut beaucoup d’organisation et d’anticipation. Par exemple, si je reviens sur l’entretien femme enceinte, ce sont des choses que l’on sait déjà. Il suffit juste de relire la documentation proposée par Améli et/ou le Groupement. Pour les vaccins, nous sommes sur des formations un peu plus lourdes, certes, mais qui font aussi partie du DPC. Je suis tout le temps à la pharmacie, et je suis tout ce qui a trait à la veille réglementaire. Donc en étant à deux, l’avantage est que nous n’avons pas besoin d’une réunion pour nous tenir au courant : la communication se fait de façon très fluide.

On travaille ensemble, on déjeune ensemble, on avance ensemble. Cette relation est un privilège, et une mécanique bien huilée. Au niveau de la formation, quand il y a un changement de procédure, je forme ma préparatrice quasi immédiatement. Par exemple pour les TROD, les vaccinations et les entretiens, nous avons un classeur dans lequel on retrouve tous les papiers à jour qu’il ne reste plus qu’à prendre et à remplir : c’est de suite à portée de main, et on l’utilise tous les jours. Tout comme pour leur mise en place, je dirais qu’il est essentiel que les nouvelles missions soient préparées au mieux les unes après les autres : s’imprégner du sujet, le comprendre, se former, ne jamais se lancer sans avoir tout compris, dans un souci d’efficacité, mais aussi d’accompagnement et de prise en charge optimale. »

Pharmacie d’Espagne à Bayonne 2

Dans cet agenda déjà bien rempli, avez-vous des projets à venir ?

« Il y a des missions que nous n’avons pas encore faites, comme les bilans de prévention, mais que nous envisageons de proposer au printemps car c’est un service de santé qui nous intéresse réellement. Cette année, nous avons été un peu débordées parce qu’une pharmacie au bout de la rue a fermé – elle a transféré en juin dernier. Cela a entraîné un afflux de clients conséquent, pour lequel il a fallu que nous soyons prêtes. On doit s’adapter, se remettre en question. Mais c’est hyper motivant et stimulant !

Pour 2025, nous sommes prêtes sur les services, mais aussi en termes de stocks ainsi qu’en matière de conseil associé avec ma préparatrice, qui recrute et communique au comptoir. C’est du travail d’équipe, et de la préparation en amont. »

Savez-vous ce qu’en pensent vos patients, vous font-ils des retours ?

« Cette année, certains de nos patients ont reçu le Bon pour la grippe et se sont présentés à l’officine en nous disant « Quand est-ce que vous me vaccinez ? ». En termes de vaccination, nous sommes devenus une évidence pour nos patients !

Pour les kits colorectaux c’est la même chose : les gens sont contents qu’on le leur délivre dans l’instant, sans qu’ils soient obligés de se déplacer chez leur médecin traitant ; c’est aussi pourquoi ils comprennent tout à fait qu’une facturation, même minime, s’impose au passage. La semaine dernière une dame avait besoin d’un test angine et elle a pris RDV sur internet car nous étions les seules à proposer un créneau dans les plus brefs délais : elle était tout simplement ravie !

Aujourd’hui, les retours de nos patients sont très positifs. On sent que le discours autour de la position du Pharmacien comme coordinateur de santé et acteur de proximité, prend de plus en plus sa place. Et nous, on s’éclate ! »