utilisateur
menu wellpharma

Idées claires sur les fausses couches

Une grossesse qui s’interrompt est un événement douloureux. Si le phénomène n’est pas rare (approximativement 10% des grossesses), les idées erronées à son propos ne le sont pas non plus. Que faut-il savoir sur les fausses couches ? Quels sont les facteurs de risque ? Faisons le point avec Cyrille Huchon, gynécologue-obstétricien au centre hospitalier de Poissy, membre du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français).

Idées claires sur les fausses couches

Fausse couche : de quoi parle-t-on ?

Une fausse couche est une interruption spontanée de grossesse. On parle de fausse couche précoce quand celle-ci survient avant la 14ème semaine d’aménorrhée (absence de règles). La fausse couche tardive se produit entre la 14ème et la 22ème semaine d’aménorrhée (SA).

Certaines femmes font une seule fausse couche, on dit alors qu’elle est isolée. Dans le cas où une femme enceinte avec le même partenaire, voit trois grossesses successives s’interrompre avant 14 SA, on parle de fausses couches à répétition.

Quelles en sont les causes (connues) ?

La plupart du temps, la fausse couche précoce signe l’arrêt d’une grossesse non viable en raison de lourdes anomalies chromosomiques. La fausse couche tardive est plus souvent imputable à des problèmes d’utérus. Parfois, il peut s’agir aussi d’une vaginose non détectée. La fausse couche isolée concernerait 25% des femmes. Le syndrome des fausses couches à répétition est plus rare (1,5% des femmes) et résulte souvent d’une malformation ou d’une anomalie de l’utérus, d’un problème de coagulation sanguine (syndrome des antiphospholipides), de perturbations hormonales, d’une carence en vitamines B9 et B12, …

Âge, poids, tabac… facteurs de risques

Pour autant, d’autres facteurs peuvent entrer en jeu. Ainsi, les fausses couches précoces sont plus fréquentes quand la mère est âgée de moins de 16 ans et de plus de 35 ans (et le géniteur, de plus de 45 ans). Autre facteur de risque, le poids, notamment quand l’indice de masse corporelle est supérieur à 25. On sait aussi qu’une consommation excessive de café (au-delà d’une tasse par jour !), d’alcool ou de drogues ainsi que le tabagisme peuvent compromettre le déroulement de la grossesse et conduire à la fausse couche. Cette dernière survient également plus fréquemment chez les femmes ayant un antécédent de fausse-couche ou d’interruption volontaire de grossesse. Enfin le stress, comme la dépression, sont associés au risque de fausse couche.

Peut-on éviter la fausse couche ?

Doit-on mettre la pédale douce sur les voyages, limiter sa pratique du sport ou encore cesser de soulever des charges lourdes ? Rien ne le démontre formellement. En revanche, il est conseillé de limiter le café et d’éviter alcool, drogues et tabac… mais aussi de forcer sur les légumes verts et les fruits, essentiels dans l’apport en vitamines.

Que faire en cas de fausse couche ?

Le saignement est le symptôme majeur de la fausse couche et nécessite de consulter un médecin au plus vite. C’est le premier motif de consultation aux urgences gynécologiques, et pour cause : il survient chez 25% des femmes enceintes. Dans la moitié des cas il est anodin. Mais pour en avoir le cœur net, on procède à une échographie pour détecter une éventuelle grossesse extra-utérine. Et après une fausse couche, nul besoin d’attendre pour faire un bébé, contrairement aux idées reçues !

Date du conseil :
Article réalisé avec la participation de :
Cyrille Huchon