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Infections urinaires : les repérer, les éviter !

50% des femmes souffrent, au moins une fois dans leur vie, d’une infection urinaire. Mais les hommes et les enfants ne sont pas épargnés non plus… C’est grave, docteur ?  On en parle avec Maxime Vallée, urologue au CHU de Poitiers et membre du CIAFU (Comité d’Infectiologie de l’Association française d’urologie).

Infections urinaires : les repérer, les éviter !

Une infection urinaire qu’est-ce que c’est ?

« Le terme « infection urinaire » recouvre des réalités très différentes et évoque aussi bien la cystite de la femme, l’infection urinaire masculine (anciennement dénommée prostatite aiguë) ou encore la pyélonéphrite aiguë et toutes leurs complications.

La cystite est la réaction inflammatoire de la vessie lors de la présence, dans la grande majorité des cas, d’une bactérie pathogène. La prostatite aiguë et la pyélonéphrite sont des infections, respectivement de la prostate et des reins. »

 

Et c’est grave, docteur ?

« La cystite est une affection bénigne qui, une fois sur deux environ, évolue naturellement de façon favorable en quelques jours.  En cas de prostatite aiguë comme de pyélonéphrite, le risque de dissémination de l’infection dans le sang peut être extrêmement grave. Ce sont donc des pathologies à traiter en urgence. »

 

Quels sont les symptômes chez la femme ?

« En cas de cystite, la plupart des patientes ressentent un impérieux et fréquent besoin d’uriner, une sensation de brûlure à la miction, une douleur dans le bas ventre (notamment en fin de miction) et, parfois, leurs urines sont nauséabondes ou avec un peu de sang. Ce n’est pas un signe de gravité. Il faut savoir que moins de 1 à 3% des cystites évoluent en pyélonéphrite ; c’est le cas notamment chez les patientes présentant des facteurs de risque de complications (malformation des voies urinaires…).

En cas de pyélonéphrite, d’ailleurs, les symptômes sont différents avec des douleurs dans la région lombaire, une fièvre importante et une grosse fatigue. »

 

Et chez les hommes et les enfants ?

« Les symptômes de la prostatite aiguë sont les mêmes que ceux de la cystite (envie fréquente d’uriner, brûlure à la miction…) avec, en plus, de la fièvre et un sentiment de malaise général. En cas de complication, il est possible que l’homme soit dans l’impossibilité totale d’uriner (rétention aiguë d’urines), ce qui doit l’amener à consulter en urgence.

Quand un nourrisson ou un très jeune enfant ne va pas bien et qu’il présente de la fièvre, sans autre symptôme, on doit rechercher une possible infection urinaire. Attention : il n’est pas « normal » qu’un enfant souffre d’une infection urinaire : si elle est avérée, on doit procéder à des investigations. »

 

Comment traite-t-on une infection urinaire ?

« Aux femmes adultes souffrant d’une cystite, on prescrit une prise unique d’antibiotiques.  Les prostatites aiguës et les pyélonéphrites aiguës, également soignées par antibiotiques, doivent faire l’objet de recherches pour en déterminer la cause. Dans tous les cas, les douleurs s’estompent avec le traitement, en quelques jours.

En cas de cystites récidivantes (au moins 4 épisodes annuels), il est conseillé de prendre rendez-vous avec un chirurgien urologue. Il recherchera les facteurs (qui varient selon l’âge de la patiente) favorisant ces infections, lesquelles peuvent être confondues avec d’autres pathologies de la vessie. »

 

Conseils pratiques pour éviter les infections urinaires

« Il est conseillé de boire suffisamment -au moins 2 litres d’eau/jour-, d’uriner quand le besoin se fait sentir (sans se retenir) et, pour la femme, de s’asseoir lors de la miction. Il est également recommandé d’uriner après les rapports sexuels.

Si vous souffrez d’infections urinaires à répétition, consultez un spécialiste (le traitement antibiotique n’est que rarement une solution efficace à long terme). »

Date du conseil :
Article réalisé avec la participation de :
Maxime Vallée, urologue au CHU de Poitiers