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Obésité des enfants : agir maintenant !

En France près d’un enfant sur cinq est en surpoids et, parmi eux, environ 3 % souffrent d’obésité, forme plus sévère de surpoids. Pour autant, ça n’est pas une fatalité. Quand et comment la dépister ? Que faire si mon enfant est trop gros ? Les réponses de Véronique Nègre, pédiatre et présidente de l’Association pour la Prise en charge et la Prévention de l’Obésité en Pédiatrie.

Obésité des enfants : agir maintenant !

Mon enfant a de « bonnes joues »... il est en surpoids ou non?

Beaucoup d'enfants en bonne santé sont "dodus" jusqu'à l'âge de la marche. Mais à partir de là et jusqu'à l'âge de six ans, ils s'affinent avant de s'arrondir à nouveau jusqu'à la puberté. Si votre enfant a tendance à grossir plus qu'il ne grandit dès ses 3 - 4 ans, il peut s'agir d'un rebond d'adiposité précoce. Il existe un indicateur très fiable : la courbe d'IMC (indice de masse corporelle, calculé en divisant le poids par la taille au carré) Si cette courbe s'envole, il faut alors réagir. Vite. Parce qu'il est moins difficile de changer ses habitudes quand on est petit. Et aussi parce qu'on diminue le risque d'évolution vers une obésité à l'âge adulte.

Je le mets au régime?

Le régime, c'est la vraie mauvaise idée. L'obésité résulte de la conjonction de facteurs liés à l'environnement et d'autres liés à la prédisposition. Autrement dit, c'est une question de gènes, d'alimentation, d'exercice physique, d'éducation... L'enfant obèse en surpoids mange beaucoup plus qu'il ne le devrait à son âge et ne bouge pas assez. Pas question pour antant de le priver, ni dele brimer : ce serait contre-productif. C'est le rôle du médecin d'aider l'enfant et sa famille à redéfinir les règles de vie qui permettront d'inverser la courbe de poids. Il s'agit de manger raisonnablement pendant les repas et de se dépenser suffisamment.

Le sport, il n’y a que ça de vrai?

Il faut manger moins et mieux ET s'activer davantage. Le sport, c'est super... mais l'exercice physique, c'est très important aussi. Tous les enfants devraient se dépenser au moins une heure chaque jour. Un enfant enrobé peut avoir des difficultés à pratiquer d'emblée un sport où il risque de se sentir mal à l'aise sous le regard des autres, s'essouffler, se décourager. En revanche, quand c'est possible, aller à l'école à pied, pratiquer des jeux de plein air, faire du vélo, du roller... c'est très bénéfique. Et quand l'enfant se sent prêt, direction le club de judo, la piscine ou le terrain de rugby !

L’obésité, on peut l’éviter?

Les enfants sont naturellement attirés par les aliments gras et sucrés parce que le lait maternet est tout cela. Tout ce qu'ils découvrent ensuite, c'est de l'apprentissage ! Et ce sont les parents qui initient l'enfant à la diversité, qui l'incitent à la curiosité. Manger équilibré, ça s'apprend !  Ensuite, certains comportements sont à éviter : l'alimentation n'est ni une récompense, ni un réconfort et ne devrait jamais être présentés comme tels aux enfants. Pas plus qu'on ne devrait obliger un enfant qui dit qu'il n'a plus faim à terminer son assiette.

Quelles sont les règles à respecter?

Ce sont des règles de bon sens. On adopte une nouvelle hygiène de vie - alimentation, exercice physique - et toute la famille s'y tient ! On mage à table et on ne grignote pas entre les repas. Le réfrigérateur et les placards ne sont pas en libre service. Les sucreries, sodas, gâteaux, etc... sont des petits plaisirs qu'on réserve aux "jours de fête". On évite les écrans chez les moins de six ans et, chez les plus grands, on limite l'exposition : trop d'écran tue l'envie de bouger et nuit à la qualité de sommeil. Or le manque de sommeil perturbe les hormones de l'appétit.

 

Date du conseil :
Article réalisé avec la participation de :
Dr Véronique Nègre, pédiatre et présidente de l’Association