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Régime sans gluten : pour qui ? pour quoi ?

Prescrit, à l’origine, aux personnes atteintes de la maladie cœliaque, le régime sans gluten s’est transformé en phénomène de mode. Est-ce vraiment une bonne idée de mettre le « sans glu » à toutes les sauces ? wellpharma fait le point avec Brigitte Jolivet, présidente de l’Afdiag (association française des intolérants au gluten)1.

Régime sans gluten : pour qui ? pour quoi ?

Le gluten, c’est quoi ?

Le gluten est un ensemble de protéines contenues dans des céréales comme le blé (tendre et dur, froment, épeautre et petit épeautre, kamut, le seigle et l’orge…). C’est grâce à cette masse de protéines insolubles dans l’eau qu’un pain est souple et gonflé. On en trouve dans nos miches et nos baguettes, donc, mais aussi dans les brioches et les gâteaux, bien sûr, les pâtes, quiches, pizzas, de nombreuses préparations industrielles, la bière…

Les maladies liées au gluten

 En tête de liste, la maladie cœliaque ne peut être traitée que par un régime sans gluten, strict et à vie. Cette maladie auto-immune s’attaque à la paroi supérieure de l’intestin grêle qu’elle peut altérer très gravement. En supprimant le gluten, la muqueuse se régénère et l’organe peut de nouveau remplir sa fonction d’assimilation des oligo-éléments et des vitamines.

La dermatite herpétiforme n’est pas une complication mais une expression cutanée de la maladie cœliaque qui se manifeste notamment par de petites cloques en bouquet prédominant sur la partie postérieure du corps.

L’hypersensibilité au gluten non cœliaque se traduit par des symptômes digestifs (ballonnements, douleurs, alternance diarrhée/constipation, troubles osseux ou cutanés, céphalés) qui disparaissent dès qu’on supprime le gluten de son alimentation. En réalité, on ne sait pas très bien encore si c’est bien lui le « coupable » ou plutôt les FODMAPs (sucres fermentescibles associés aux céréales). A la différence de la maladie cœliaque, l’hypersensibilité au gluten non cœliaque n’attaque pas la muqueuse de l’intestin et ceux qui en souffrent ne présentent pas les anticorps spécifiques de la maladie. Elle se traite avec un régime sans gluten un peu moins strict que dans le cas d’une maladie cœliaque et pas toujours à vie.

 

Comment savoir ?

Les symptômes de la maladie cœliaque varient selon l’âge et le patient. Chez le nourrisson, on remarque souvent une diarrhée chronique, une fatigue anormale, un ralentissement de la croissance…Chez l’adulte, on peut observer une diarrhée chronique, un amaigrissement, des douleurs abdominales. La personne peut souffrir de carences, pathologies osseuses…

Pour en avoir le cœur net, le médecin prescrit une prise de sang pour rechercher les anticorps spécifiques de la maladie (anticorps anti-transglutaminase tissulaire IgA). Si la recherche est positive, une biopsie de l’intestin grêle est prescrite pour confirmer le diagnostic.

 

Quand commencer un régime sans gluten ?

Quand on souffre des symptômes évoqués, on peut être tenté de démarrer un régime sans gluten « pour voir ». C’est une mauvaise idée et on vous explique pourquoi. D’abord, toute tentative de dépistage de la maladie cœliaque sera faussée ! En effet, le régime sans gluten fera chuter les fameux anticorps Anti-tTG IgA. Pour poser un diagnostic, on vous demandera de réintroduire le gluten dans votre alimentation… ce qui ne fera que retarder le diagnostic (et le suivi adapté qui va avec). Dommage, non ? Sans compter que si votre régime n’est pas super strict mais que vous êtes bien atteint de la maladie cœliaque, l’inflammation de l’intestin perdure. Vous risquez donc dans ce cas de venir enfler les rangs des malades cœliaques qui s’ignorent. Enfin, des complications peuvent survenir.

NB : la maladie cœliaque

 

Qu’est-ce qu’un régime sans gluten ?

Le régime sans gluten est facile à expliquer : il « suffit » d’exclure le blé, l’orge et le seigle de son alimentation. Dans les faits, c’est plus compliqué : s’il est évident qu’on trouve du gluten dans tous les produits de boulangerie et de pâtisserie, on n’imagine pas qu’il se « cache » dans la sauce soja, les pommes dauphines, les bouillons cubes, certaines recettes carnées…  Méfiance (lisez bien les étiquettes) ! En revanche, il existe de nombreux aliments naturellement sans gluten : viandes, poissons, légumes verts, fruits, œufs, lait, maïs, quinoa, sarrasin, avoine (à condition qu’elle ne soit pas contaminée) … Enfin, il existe des solutions pour remplacer les produits de base non consommables par les cœliaques. Généralement plus chers que les aliments « avec gluten », ils peuvent être remboursés partiellement par l’Assurance Maladie sur demande du médecin traitant.

 

Je ne suis pas cœliaque, un régime sans gluten peut être bon pour moi ?

 De nombreuses personnes porteuses d’autres pathologies que celles que nous venons d’évoquer rapportent que leur état s’est amélioré quand elles ont banni le gluten de leur alimentation. Pour autant, on manque encore souvent de preuves scientifiques pour étayer ces faits. Reste que se priver de gluten en soi n’est pas dangereux pour la santé. Le risque, en le supprimant, est de déséquilibrer son alimentation et de manquer de fibres. Demandez conseil à votre pharmacien qui pourra vous orienter vers un autotest pour dépister l’intolérance au gluten (lequel n’a cependant pas valeur de diagnostic).

1L’AFDIAG est l’association française des intolérants au gluten qui remplit des missions d’information ; d’aide et de défense des personnes touchées par la maladie cœliaque, une dermatite herpétiforme ou encore une hypersensibilité au gluten non cœliaque. Pour tout savoir : www.afdiag.fr 
Date du conseil :
Article réalisé avec la participation de :
Brigitte Jolivet, présidente de l’Afdiag