dry-january

Dry January : un mois sans alcool pour faire le point sur sa consommation

6 janvier 2026

2 minutes de lecture

Chaque début d’année, le Dry January s’impose progressivement comme un rendez-vous santé. Derrière ce défi d’apparence simple, qui est ne pas consommer d’alcool pendant le mois de janvier… Se cache une démarche de prévention reconnue par de nombreux professionnels de santé¹. Sans jugement ni culpabilisation, le Dry January invite à faire une pause, à observer ses habitudes et à redonner à son corps un temps de récupération après les excès des fêtes.

Le Dry January : une initiative venue du Royaume-Uni

Le concept du Dry January est né au Royaume-Uni en 2013, à l’initiative de l’association Alcohol Change UK. L’objectif initial était clair : sensibiliser le grand public aux effets de l’alcool sur la santé et encourager une consommation plus réfléchie tout au long de l’année². Depuis, l’opération a largement dépassé les frontières britanniques et s’est installée en France, portée par des messages de prévention plutôt que par une logique d’interdiction.

london
dry january-2

Contrairement à certaines idées reçues, le Dry January n’est pas réservé aux personnes dépendantes. Il s’adresse à toute personne souhaitant mieux comprendre sa relation à l’alcool et tester les bénéfices d’un arrêt temporaire.

ventre

Pourquoi faire un mois sans alcool peut être bénéfique pour la santé ?

Même consommé de façon occasionnelle, l’alcool n’est jamais neutre pour l’organisme. Une pause d’un mois permet au corps de retrouver un meilleur équilibre, notamment au niveau du foie, organe clé dans l’élimination de l’alcool³. De nombreuses personnes rapportent également une amélioration de la qualité du sommeil, une sensation de regain d’énergie et une meilleure concentration.

Sur le plan métabolique, l’arrêt temporaire de l’alcool peut contribuer à une légère perte de poids, l’alcool étant riche en calories dites « vides »⁴. D’un point de vue cardiovasculaire et hépatique, plusieurs études montrent que même une réduction de la consommation entraîne des bénéfices mesurables sur la tension artérielle et les marqueurs biologiques du foie⁵.

Le Dry January offre aussi un bénéfice psychologique : reprendre le contrôle, se sentir capable de dire non et constater que les moments conviviaux ne reposent pas uniquement sur la consommation d’alcool.

À qui s’adresse le Dry January ?

Le Dry January concerne avant tout les consommateurs réguliers, même modérés, qui souhaitent faire un point sur leurs habitudes. Il peut également intéresser les personnes ressentant une fatigue persistante, des troubles du sommeil ou des difficultés de concentration, parfois exacerbés par l’alcool.

consommateurs-régulier

En revanche, pour les personnes ayant une dépendance avérée à l’alcool, l’arrêt brutal peut entraîner des symptômes de sevrage. Dans ces situations, il est essentiel de ne pas s’engager seul et de demander l’avis d’un professionnel de santé⁶. Le Dry January n’est pas un outil de sevrage médical, mais un levier de prévention et de prise de conscience.

Le rôle clé du pharmacien dans l’accompagnement du Dry January

Professionnel de santé de proximité, le pharmacien joue un rôle essentiel dans l’accompagnement des personnes souhaitant réduire ou arrêter leur consommation d’alcool. Son intervention commence souvent par l’écoute, sans jugement, afin d’évaluer les habitudes et les motivations de chacun.

En officine, le pharmacien peut proposer des conseils personnalisés pour mieux gérer les envies, notamment en période de stress ou lors des moments habituellement associés à la consommation d’alcool. Il peut aussi orienter vers des alternatives sans alcool, des solutions pour améliorer le sommeil ou soutenir le foie pendant cette période de pause⁷.

Lorsque cela est nécessaire, le pharmacien est également en mesure d’orienter vers le médecin traitant ou vers des structures spécialisées, notamment si des signes de dépendance sont identifiés. Cette orientation précoce est un véritable enjeu de santé publique.

Enfin, le Dry January est souvent l’occasion d’aborder plus largement la question de la consommation responsable d’alcool, dans une logique de prévention durable, bien au-delà du mois de janvier.

1. Santé publique France – Alcool et prévention

2. Alcohol Change UK – Dry January

3. Inserm – Alcool et foie

4. Anses – Apports caloriques de l’alcool

5. The Lancet – Alcohol consumption and health risks

6. Haute Autorité de Santé – Prise en charge de l’alcoolodépendance

7. Ordre National des Pharmaciens – Rôle du pharmacien en prévention des addictions