Enceinte : que manger pour le réveillon ?

Enceinte : qu’est-ce qu’on mange au réveillon ?
Les fêtes de fin d’année se profilent mais cette année, tout est différent : vous êtes enceinte ! Et pour le réveillon, vous avez bien l’intention d’en profiter, mais sans danger pour vous ni pour votre bébé ! Or le risque est important de trouver sur la table des fêtes vos ennemis jurés pendant la grossesse -la listeria, une bactérie responsable de la listériose, et toxoplasma, le parasite qui provoque la toxoplasmose. Il va donc falloir redoubler de vigilance !
On ne va pas se mentir, il va falloir renoncer à quelques petits plaisirs durant les fêtes. Mais en contrepartie, vous serez sereine et ça, ça n’a pas de prix ! En préambule, ayez à l’esprit que la plupart des dangers viennent tiennent aux conditions de préparation et de conservation des mets. Par conséquent, soyez intraitable avec les règles d’hygiène (lavage des mains, nettoyage des ustensiles et plan de travail…) et le respect de la chaîne du froid, les dates de consommation des aliments, …
Ceci étant dit : que les réjouissances commencent !

L’alcool à l’apéro, c’est zéro !
Déjà l’apéritif… Pour vous, c’est sans alcool car quand la future maman trinque, son bébé boit aussi (réfléchissez : vous donneriez, ne serait-ce qu’un dé à coudre de champagne ou de vin à un nouveau-né, vous ?) Voyez les choses du bon côté : vous serez fraîche et pimpante pendant toutes les festivités si vous trinquez avec le pétillant des enfants, une bière sans alcool, un délicieux jus de fruit ou encore un mocktail (l’eau pétillante c’est bien aussi).
Passons à table !
Enceinte : on éviter les aliments crus

Au moment des entrées, mieux vaut faire l’impasse sur les charcuteries cuites et crues, y compris le foie gras… sauf s’il a été cuit à 65° au moins. Pour ne prendre aucun risque, optez pour un produit cuit, stérilisé, en conserve, un foie gras mi-cuit si (et uniquement si) il a été pasteurisé, et évitez les préparations maison et ou artisanales dont on ne sait pas à quelle température elles ont été exposées exactement. Dans tous les cas, consommez le foie gras sans tarder après ouverture.
Toujours pour éviter les risques d’infection par listeria, on écarte de son assiette le saumon fumé, le poisson cru, le surimi, le tarama et tous les coquillages crus. Et les huîtres ? C’est non aussi, sauf si elles sont cuites. Par contre bonne nouvelle : vous pouvez consommer du homard, de la langouste, des crevettes, des coquilles Saint-Jacques ou encore du crabe à condition qu’ils soient bien cuits. En revanche, méfiez vous de la mayonnaise qui les accompagne : si elle a été préparée à la maison, elle contient de l’œuf cru, à proscrire. Pour une fois, préférez la mayo en pot ou en tube ! Si l’entrée est légère, à base de crudités, optez pour les légumes qui ont été épluchés et boudez les graines germées crues.

Vive la dinde et les petits poissons

La frustration devrait décroître avec l’arrivée du plat principal, surtout si le menu s’articule autour d’une dinde ou d’un chapon ! En fait, quelle que soit la viande proposée, une chose compte vraiment : sa cuisson qui doit être parfaite pour vous (autrement dit la chair doit être bien cuite et jamais saignante). On sera toutefois vigilante sur la consommation de gibier si l’on n’en connaît pas la provenance. Idem pour les poissons : on valide qu’ils sont suffisamment cuits et on préfère les petits et moyens poissons (sole, limande, turbot, bar, dorade…) aux “gros” (thon, requin, espadon) qui présentent parfois un taux de mercure particulièrement élevé.
Soyez perspicace en choisissant votre fromage pour ne sélectionner que les ceux qui présentent une pâte dure ou encore “pressée cuite” comme l’emmental, le comté, l’abondance, le beaufort, le gouda, le gruyère, le manchego, le parmesan, etc., les fromages au lait pasteurisé (c’est écrit sur l’étiquette !) ou les fromages à pâte molle ou fondue (cancoillotte, carrés de fromage, crème de gruyère, mascarpone, mozzarella, ricotta…)

Détente sur les desserts : enceinte marchez sur des œufs
Et vive la bûche pour le dessert … à condition évidemment qu’elle ne soit pas garnie d’une mousse à base d’œufs crus (à ce titre, évitez, les œufs en neige, le tiramisu, la mousse au chocolat…). Vous pouvez opter pour la bûche glacée, sans risque (si la chaîne du froid a bien été respectée), et évidemment vous délecter de (salades de) fruits !
Vous vous sentirez peut-être un peu “à part” si vous ne festoyez pas chez vous… Mais voyez le bon côté des choses : vous n’aurez rien à préparer ! Et si c’est vous qui êtes au fourneau, vous avez toutes les cartes en mains pour préparer un réveillon de fête délicieux et sur mesure ! Joyeuses fêtes de fin d’année !

L’ennemi alimentaire n°1 pendant la grossesse
La listeria est une bactérie très répandue que l’on trouve essentiellement dans les produits laitiers (notamment au lait cru), certaines charcuteries, les fruits de mer… et qui présente la particularité de se multiplier à très grande vitesse à basse température. La consommer quand on est en bonne santé ne cause généralement aucun tourment (et au pire, une gastro-entérite en cas de contamination importante d’un aliment). Il en va tout autrement pour durant la grossesse car la bactérie peut atteindre le bébé. La femme enceinte atteinte de listériose présente de la fièvre, des maux de tête, des troubles digestifs… et se voit prescrire des antibiotiques. Quand la maladie passe inaperçue ou qu’elle n’est pas traitée, la bactérie va coloniser le placenta et passer dans le sang du fœtus. Elle peut être à l’origine d’une fausse couche, d’un accouchement prématuré ou d’une méningite néo-natale. Malgré le traitement antibiotique, le fœtus peut être infecté, c’est pourquoi la prévention est essentielle. Elle passe notamment par la propreté du plan de travail, des ustensiles, du réfrigérateur, des mains, le respect des dates limites de consommation, une consommation prudente des restes (dans un délai inférieur à trois jours, après cuisson et sans attendre…)
Ennemi n°2
Toxoplasma gondii est un parasite. Comme la listeria, il passe la plupart du temps inaperçu chez les personnes en bonne santé et même chez les femmes enceintes. Il contamine les humains au travers d’un animal hôte. Celui-ci peut être un chat (on trouve alors le parasite dans ses excréments : attention à la litière et à tout ce qui peut être souillé par ses déjections) ou bien un porc ou un bœuf et dans ce cas, la viande est contaminée et seule une cuisson poussée va la détruire. La plupart du temps, la toxoplasmose passe inaperçue, mais elle peut se manifester par de la fièvre, des ganglions, des petits boutons, souvent une fatigue prolongée, des maux de tête, etc. quand elle est détectée, un traitement par antibiotique(s) est prescrit. Plus la contamination survient tôt pendant la grossesse, plus elle est grave avec des risques allant des troubles neurologiques sévères jusqu’à la mort in utero.