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Attention à la dénutrition des seniors

Mamie picore ? Papy grignote ? La dénutrition des seniors n’est pas une question à prendre à la légère au vu de ses conséquences possibles sur la santé. Quand parle-t-on de dénutrition ? Comment la détecter ? Que faire en cas de dénutrition avérée ? Quelques réponses avec Elisabeth Lamas, médecin à Roquebrune Cap Martin.

Attention à la dénutrition des seniors

La dénutrition, c’est quoi ?

A partir du moment où les apports nutritionnels ne couvrent plus les besoins de notre organisme, on parle de dénutrition. Celle-ci touche notamment les personnes âgées avec des conséquences désastreuses sur la santé, si elle n’est pas prise en charge : fatigue, défaut de cicatrisation, fonte musculaire, apparition de maladies, perte d’autonomie…

Quelles causes ?

Certains facteurs favorisent la perte d’appétit, laquelle peut conduire à la dénutrition. Ainsi, la diminution de l’activité physique, la prise (répétée) de médicaments, une baisse de moral (voire un état dépressif), la maladie, des problèmes de digestion… finissent parfois par couper l’appétit au sens propre du terme ! Vous souhaitez la prévenir chez vos proches ? Lisez le Guide nutrition pour les aidants des personnes âgées[i]

Comment la dépister ?

Pour rappel, une personne âgée doit continuer à prendre trois repas équilibrés par jour[ii] auxquels peut s’ajouter une collation. Si l’on se rend compte que papy ou mamie perd le rythme, on réagit. Premier réflexe : peser ! On parle de dénutrition si la perte de poids est ≥ 5 %, en un mois, ou ≥ 10 % en six mois  (par exemple, si la personne est passée de 70 kg à 66,5 kg en un mois ou à 63 kg en six mois). Un indice de masse corporelle[iii], IMC, ≤ 21 est un autre signe. Enfin, le médecin peut faire réaliser un bilan biologique (notamment une mesure de l’albuminémie) et administrer un questionnaire MNA (mini nutrional assesment)[iv] pour prendre la mesure de la situation.

Que faire face à la dénutrition ?

Il est conseillé de consulter un médecin. Il pourra délivrer des conseils nutritionnels pour augmenter les apports alimentaires (augmenter la fréquence des repas, privilégier des produits riches en énergie…), enrichir l’alimentation sans en augmenter le volume (ajout de poudre de lait entier, de lait concentré, de crème, de poudres de protéines…) ou même prescrire des compléments nutritionnels oraux (mélanges hyper énergétiques et/ou hyper protidiques).

Et l’amour dans tout ça ?

Quelquefois, on arrête de manger parce qu’on trouve que la vie n’a plus beaucoup de saveur : les enfants sont partis, on voit moins ses amis, on se sent las…L’entourage peut jouer un rôle déterminant en veillant à créer des conditions favorables à une bonne alimentation. Partager le temps des courses, de l’élaboration et de la dégustation des repas, quand c’est possible, sont autant de recettes inratables pour conserver son goût à la vie !

[i] http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/941.pdf

[ii] On lira avec intérêt Le guide nutrition à partir de 55 ans : http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/932.pdf

[iii] Calcul de l’IMC : poids (kg) / carré de la taille (exemple : l’IMC d’une personne de 1,70 m pesant 69 kg : 69 / (1,7 x 1,7) = 23,87

[iv] https://www.mna-elderly.com/forms/mna_guide_french.pdf

Date du conseil :
Article réalisé avec la participation de :
Elisabeth Lamas